COMMUNICATION SUR LE 37 BIS

LORS DE LA SÉANCE DU CONSEIL D’ARRONDISSEMENT DU 11ÈME DU 26/01/04

Le Conseil d’Arrondissement, présidé par Monsieur Georges SARRE, maire du XIème arrondissement de Paris, s’est réuni en séance publique le 26 JANVIER 2004 à 19h, salle des Mariages de la Mairie. Elus présents : Maires adjoints :M. Ducloux, M. Alvaro, Mme Brandy, Mme Capelle, M. Doriath, Mme de Rugy, M. Martinet, Mme Moreau, Mme Priser, M. Barrault, Mme Errecart, M. Morel. Conseillers de Paris :Mme Flam, Mme Hoffman-Rispal, Mme Bourcart, Mme Tissot. Conseillers d’arrondissement :M. Michon, Mme Lassure, M. Caplat, Mme Barnay, M. Hennon. Pouvoirs :M. Bloche à M. Ducloux,M. Ferrand à M. Sarre, Mme Mournetas à Mme Flam, M. Mikhaïloff à Mme Hoffman-Rispal, M. Goethals à M. Barrault, M. Pagès à M. Caplat, Mme Guirous-Morin à M. Alvaro, M. Daguenet à M. Doriath Excusés :M. Tobelem, M. Izrael

M. le Maire fait la délaration suivante :

"C’est avec un grand plaisir que je suis en mesure de vous annoncer que le rachat des Cours de l’Industrie, au 37 bis rue de Montreuil, par la Ville de Paris, a eu lieu le 16 janvier. La Ville est parvenue à un accord à l’amiable avec le marchand de biens qui avait acheté les lieux. La parcelle, dont la surface au sol est de 3901 mètres carrés, a été acquise pour la somme de 7.120.000 euros, dont 515.653 euros de TVA récupérable, soit un prix net de 6,6 millions d’euros environ. L’essentiel est donc réalisé : ce site exceptionnel échappe ainsi à la voracité des promoteurs. Il s’agit, je vous le rappelle, d’ un des derniers vestiges parisiens de l’architecture industrielle de faubourg, datant des années 1850.

Je me félicite évidemment de cette décision que la municipalité du 11ème réclame depuis son entrée en fonctions. Le mérite en revient en particulier à Bertrand DELANOE, maire de Paris, et à Jean-Pierre CAFFET, adjoint chargé de l’urbanisme. Mais rien n’aurai été possible sans notre opiniâtreté. Je suis ce dossier depuis 1973 et c’est à la suite de nombreuses interventions qu’aujourd’hui, le site est sauvé, l’acte politique majeur étant la victoire électorale en 2001 dans douze arrondissements, c’est à dire le changement de la municipalité parisienne. Je salue également chaleureusement l’action de l’Association des Artistes et Artisans du 37 bis et de sa Présidente, Madame Catherine CHAUVEL.

La première conséquence positive de ce rachat est que les locataires actuels ne seront pas délogés. Mais ensuite, il faut voir plus loin et élaborer un concept pour le 37 bis, autour de la création artistique et de la promotion de l’artisanat d’art, dans l’optique de la réalisation d’une véritable Cité industrielle et artisanale, qui devra commencer par la réhabilitation du bâti dégradé. Dès maintenant, la Ville de Paris et la Mairie du 11ème doivent impulser une dynamique : avec l’association des artisans, avec les riverains et les Conseils de Quartiers, nous devons définir le contenu de ce futur pôle de l’artisanat d’art. Il doit s’agir d’un lieu assurant la mixité entre artistes et artisans, travaillant sur la transmission des savoirs traditionnels et ouvert sur la vie du quartier. Ce doit être un pôle accueillant des animations culturelles dans toutes les disciplines artistiques. Enfin, il doit s’y installer une dynamique économique car ce n’est ni un musée, ni un lieu d’exposition, ce qui signifie que, grâce à une vraie campagne de communication, il nous faudra faire connaître l’existence du 37 bis pour que la clientèle y vienne.

Les atouts du 37 bis ne manquent pas, puisqu’il est situé à deux pas du Faubourg Saint-Antoine et de la Bastille, ainsi que des grandes écoles d’enseignement professionnel comme l’école Boulle. De plus, il pourra être complémentaire avec la future Maison de l’Artisanat qui s’installera dans l’ancien immeuble Gaultier au 30, rue du Faubourg Saint-Antoine, et que la Ville vient aussi d’acheter.

Nous avons une approche partenariale de l’avenir du site. Le promoteur voyait les 150 personnes qui travaillent au 37 bis, et qui représentent 40 spécialités, comme un obstacle à la réalisation d’un projet spéculatif. La Ville et la Mairie du 11ème les considèrent comme des acteurs essentiels. Ce changement d’optique devrait permettre de parvenir à résultat de grande qualité architecturale, culturelle et économique.

Mesdames et Messieurs, Mes Chers Collègues, il est inutile de vous dire que je suis heureux de ce dénouement positif. Le sort du 37 bis rue de Montreuil figure parmi les objectifs prioritaires de la municipalité, au même titre que le devenir des bâtiments de la Poste, rue Bréguet, et la sauvegarde du quartier Popincourt. Le choix opéré par la Ville montre que, lorsqu’il existe une volonté politique, il est possible de sauver l’emploi et de contrecarrer la spéculation immobilière. Le Maire de Paris, par sa décision, a prouvé que l’initiative publique en matière d’urbanisme a encore sa raison d’être, que le Paris de demain peut aussi être construit en fonction de l’intérêt général. Je félicite donc, pour conclure, tous les élus, de la capitale comme du 11ème, qui se sont impliqués dans ce dossier et qui ont œuvré à sa conclusion."

M. Caplat se réjouit au nom des Verts de cet achat qui est extrêmement important pour assurer la pérennité de ces activités. Il tient à rappeler le fort investissement de M. Pagès au nom des Verts au sein du Conseil de Paris, sur ce dossier. Il tient aussi à dire que les activités situées au 37 bis, ne sont pas purement, comme on pourrait le croire vu de l’extérieur, de "squat", mais bien des activités extrêmement dynamiques et modernes, un certain nombre de ces artisans travaillant à l’exportation. Ce n’est qu’une première victoire, mais il reste beaucoup à faire, notamment en matière de réhabilitation et de projets pour l’avenir.

Mme Moreau déclare qu’elle tient à rendre un hommage tout particulier à Mme Catherine Chauvel, présidente de l’association des artisans du 37 bis, qui a fait un travail tout à fait remarquable et dont l’action a été déterminante.

M. Ducloux déclare que ce qui est intéressant dans ce dossier, au-delà de tout ce qui a pu être dit, est que les habitants de cet ensemble architectural, ne se sont pas laissé faire. Ils se sont révolté dans le bon sens pour faire en sorte que l’intérêt général l’emporte. Il reste beaucoup à faire. Il rend hommage à l’action de M. Bloche, député de la circonscription, ainsi qu’à celle de Mme Cohen-Solal, adjointe au Maire de Paris chargée du Commerce, de l’Artisanat, des Professions indépendantes et des Métiers d’art, qui ont toujours soutenu le combat des artisans et artistes du 37 bis. Il rend également hommage à tous les membres de l’association ainsi qu’à tous les riverains, qui, par leur action, montrent qu’il est parfois possible de construire au lieu de détruire.

Mme Brandy rappelle que les artisans du 37 bis, rue de Montreuil participent depuis de nombreuses années au Salon de l’Artisanat d’Art, ainsi qu’à tous les salons organisés par la Mairie du 11ème arrondissement. Et ce sont aussi ces manifestations qui leur ont permis de se faire connaître et de rendre public leur combat.

Mme Capelle déclare que tout a déjà été dit. Elle tient à insister sur la volonté politique, et il en a fallu pour mener un combat depuis 1975 et le voir aboutir en 2004. Cela veut dire que quant on veut vraiment s’investir dans un projet d’intérêt général, quand on a la vison générale d’un arrondissement, d’un quartier et d’une politique industrielle, artisanale et artistique, on y arrive. Il faut pour cela beaucoup de hargne, et être sûr du combat que l’on mène. Et, dans ce cas précis, nous étions sûrs du combat que nous menions. Quand on voit la façon dont certaines cours ont été transformées, avec des lofts de grand luxe, on imagine ce qu’aurait pu devenir le 37bis. Elle déclare que cela la conforte dans son idée que le combat en politique mérite toujours d’être mené.

Mme Tissot, se réjouit également du rachat de cet ensemble immobilier. Il reste, déclare-t-elle dans les priorités du 11ème, l’avenir de l’immeuble de la rue Bréguet. Elle voudrait savoir si la Ville va le préempter.

M. le Maire déclare "Nous sommes tous content et nous avons raison de l’être car le 37bis, rue de Montreuil, pourra être, j’en suis sûr, d’ici quelques années, un haut lieu de la création. Ceux qui sont sur place vont pouvoir souffler et M. Caplat a raison de dire que la modernité est dejà installé là, elle travaille. Dans quelques années on parlera sans doute de cette adresse et ce sera peut-être même un argument de vente. Nous avons eu raison de mener ce combat. J’ai commencé, pour ma part en 1992. En 1994 j’ai pu obtenir le classement de ce lieu. On revient de loin. Il n’était pas écrit que la Mairie de Paris serait gagnée par la Gauche. C’était même, à priori, une tâche difficile. Il fallait bien cet acte politique essentiel qu’a représenté le changement de majorité pour permettre la concrétisation de ce projet. J’ajoute que beaucoup de remerciements ont été faits. Il y a deux personnes à qui je tiens à rendre hommage. Il s’agit de Jean-Pierre Caffet et d’un de ses collaborateur qui s’appelle M. Brosseau. Sans eux, rien n’aurait pu être fait. En effet, le Maire de Paris, Bertrand Delanoë, dès qu’il a été élu, a voulu préempter ce site. Seulement, les adjoints n’étant pas désignés, les cabinets n’étant pas en place, à 48h près, la préemption n’a pu être réalisé. Il a fallu reprendre l’affaire à zéro et, enfin, elle aboutit.

19h45, l’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.



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revue de presse

Plusieurs articles ont été publiés dans la presse ( Nova Magazine, L’Express, 20 minutes, Le Parisien, Figaroscope, Zurban.....) afin d’informer le public de la situation du 37bis.