François Fernandez
Sculpteur sur pierre

Tél : 01 40 09 76 37

site : francois-fernandez-sculpteur.com

Visite de l’atelier de François Fernandez

37 bis rue de Montreuil, troisième arrière-cour, un dédale d’escaliers en planches gauchies par un siècle et demi d’allées et venues vous mène au second étage, visez le long couloir, frappez à la deuxième porte, vous voilà chez François Fernandez, sculpteur.

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Dans ses 32 m² d’atelier avec verrière orientée sud-ouest, pas de mottes d’argile sur sellettes ni de troncs d’arbre en cours de dégrossissement. Mais des congères de polyèdres blancs comme neige, icebergs de polystyrène expansé. Matériau de prédilection de François Fernandez pour ébaucher ses projets.

Au mur de grandes feuilles de papier, les schémas cosmiques tracés à la règle avec des craies de couleurs primaires, des axes géométriques. Pourtant notre artiste n’est ni astronome ni arithméticien. Peut-être dans le fond de sa nature, architecte ? Là où on croit reconnaître une axonométrie, François, pudique, nous explique que l’idée inspiratrice est en réalité... un nu.

Ce polygone irrégulier qu’un visiteur prend pour un exercice constructiviste a pour point de départ...le portrait d’une amie. Qu’importe ! À l’arrivée, sur une cimaise ou sur un socle, pourquoi faudrait-il absolument titrer une œuvre ? Parlons plutôt du processus de stylisation, de l’équilibre des forces, du dépouillement progressif des détails qui donne son intensité au geste final. Discutons encore avec l’auteur de ses esquisses de gratte-ciels imaginaires à l’intérieur desquels on vivrait bien volontiers tant notre œil les habite avec bonheur.

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Sculpure en pierre dure - commande d’une oeuvre monumentale par la ville d’Uzerches dans le cadre d’un symposium - 2004

Sur la mezzanine, une accumulation de plâtres antiques, références aux années 1970-1975 où François suivait aux Beaux-Arts de Paris les cours du sculpteur Colamarigny. A côté, un panneau de photos le montre sur différents chantiers de restauration de façades de monuments historiques des plus réputés.

Une main dans le Grand Siècle, l’autre dans le Vingt-et-unième. La restauration du patrimoine, c’est son exercice de grammaire, en altitude. Redescendu sur terre, dans l’atelier de la rue de Montreuil, son renouvellement personnel, une totale liberté, l’abstraction géométrique, un travail incessant sur la ligne brisée. Un sacré bosseur : des dizaines d’études préparatoires. Pourtant... trois-quarts finissent dans la poubelle ! Tout ou rien, les expériences que François juge dignes de faire passer du polystyrène à la pierre, le résultat définitif, il va minutieusement les reproduire telles quelles ou à une autre échelle, taillées direct dans le marbre veiné de Carrare. Là ou d’aucuns reprendraient les arêtes et les angles au cordeau, François, lui, joue avec les accidents de la matière brute, les irrégularités du trait de scie, les griffures de la râpe. De loin, une droite tendue, de près, la ligne vibre encore du coup de ciseau. L’outil c’est la main, l’humain.

Bruno Manuel

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Copie en pierre neuve d’une gargouille Renaissance d’après témoin d’époque 1530 pour l’église St Eustache

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